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Jessica Field, Investigation sémiotique des comportements cybernétiques
Investigation sémiotique des comportements cybernétiques (2003)
Jessica Field, Investigation sémiotique des comportements cybernétiques (2003)
Schéma : Gracieuseté de l'artiste

Jessica Field, Investigation sémiotique des comportements cybernétiques Investigation sémiotique des comportements cybernétiques (2003) (vidéo)
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Jessica Field, Investigation sémiotique des comportements cybernétiques (2003)
Vidéo : Gracieuseté de l'artiste
Jessica Field
Née à Pickering (Ontario) en 1978
Vit et travaille à Montréal (Québec)

Jessica Field est la plus jeune des artistes de l'exposition. Au moment où elle obtenait l'aide de la fondation en 2002, elle avait terminé sa formation depuis à peine deux ans à l'Ontario College of Art and Design (OCAD) où elle a été marquée par l'influence de quelques professeurs, Norman White en particulier, pionnier des arts électroniques au Canada. L'influence est notable, car comme lui, elle fabrique des robots imitant des comportements ou des caractéristiques humaines. Cette robotique humoristique se retrouve aussi chez d'autres artistes, comme Doug Back qui enseigne à l'OCAD, ou comme Laura Kikauka, une ancienne étudiante de cet établissement torontois. Ainsi, Jessica Field, comme eux, applique un principe de l'humour déjà repéré par Bergson : « Du mécanique plaqué sur du vivant ». (1) Nous pouvons aussi renverser l'une des propositions du philosophe : nous rions toutes les fois qu'une chose nous donne l'impression d'une personne. (2) Jessica Field se sert de la robotique et de la mécanique afin de créer des machines capables de produire des comportements humains dans leur effort pour composer avec leur environnement. C'est par le son que l'intention caricaturale s'affirme : des sons de buzzers ou de klaxons font état de la « perplexité » des robots quand les humains font intrusion dans leur petite communauté.

Car Alan, Brad, Clara et Daphne, les quatre robots forment une communauté à laquelle les visiteurs sont étrangers. Investigation sémiotique des comportements cybernétiques dépend de la participation du visiteur, car celui-ci suscite les interactions entre Alan et Clara lorsqu'il arrive dans la salle d'exposition. Alan et Clara enregistrent sa présence. Brad traduit pour Alan en émettant un son grave et Daphne présente, par exemple, sur l'écran de Clara la phrase suivante : « Je vois un mouvement à dix pieds ». Si le visiteur s'immobilise, la lumière du capteur de mouvement d'Alan s'éteint et Brad réagit une fraction de seconde plus tard en émettant un son. À son tour, Daphne réagit en affichant : « Cela ne bouge toujours pas. Que penses-tu que c'était? » C'est en prenant conscience de la « discussion » que le visiteur se rend compte qu'il est le sujet de la conversation entre Alan et Clara lorsque ceux-ci tentent de « comprendre » le visiteur.

J.G. © FDL 2007


(1) Henri Bergson, Le Rire, Paris, 1985 (1940), Presses Universitaires de France, Coll. Quadrige, p. 29.
(2) Idem, p. 44. Bergson écrit : « Nous rions toutes les fois qu'une personne nous donne l'impression d'une chose ».
Œuvre exposée

Investigation sémiotique des comportements cybernétiques (2003)

Métal, plastique, détecteur de mouvements, capteur de distance, ordinateur, deux panneaux d'affichage de données, logiciel créé par l'artiste
Dimensions variables
Collection de l'artiste

Biographie

Jessica Field a fait ses études à l'Ontario College of Art and Design (OCAD) où elle a été marquée par l'influence de quelques professeurs tels Norman White ou Doug Back, deux pionniers des arts électroniques au Canada. Leur influence se retrouve dans son usage parfois humoristique de la robotique. Passionnée par ce domaine, elle l'a enseigné aux enfants dans le cadre du Children's Technology Workshop, à Toronto, en plus d'offrir assistance technique et informations aux étudiants de l'OCAD. Jessica Field crée des machines capables de produire des comportements humains et de composer avec leur environnement. Autonomous Robot, If It Was Broken, It Would Be Simple, But It Is Not, Personal Scale, Stumbling Robot, ses premiers robots tous realisés en 1999, ont été exposés dès cette même année à la 401 Gallery, à Toronto (Ontario). Le 26 février 2001, elle amène le Stumbling Robot au Pickering Town Centre, un centre commercial, et documente sur vidéo ses déambulations hasardeuses. Elle a présenté ses œuvres dans plusieurs festivals comme l'Annual Subtle Technologies Festival à l'Université de Toronto (Ontario) ou l'International Festival of Video and Electronic Art (Lima, Pérou). De plus elle a participé plusieurs années de suite au Sumo Robot Challenge, organisé par l'OCAD. En 2006, on a pu voir son travail à la Station Gallery (Whitby, Ontario) et à l'Université Concordia à Montréal. Elle a aussi exposé à la Galerie Art Mûr (Montréal).

Liens :
Musée des beaux-arts de Montréal Fondation Daniel Langlois