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David Rokeby, Machine for Taking Time

(Boul. Saint-Laurent), 2006-2007

Collection documentaire

David Rokeby, Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), 2006-2007
David Rokeby, Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), 2006-2007 (video)
David Rokeby, Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), 2006-2007 (video)
David Rokeby, Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), 2006-2007 (video)
David Rokeby, Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), 2006-2007 (video)
David Rokeby, Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), 2006-2007 (video)
David Rokeby, Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), 2006-2007 (video)
Introduction à la collection, par Ariane Noël de Tilly

En 2001, l’artiste canadien David Rokeby recevait une commande des Oakville Galleries afin de réaliser une œuvre qui établirait un rapport avec le jardin adjacent à l’un des pavillons des galeries. En réponse à cette commande, l’artiste conçoit Machine for Taking Time, une œuvre où il détourne la fonction première d’une caméra de surveillance en l’utilisant non pas pour épier les gens qui circulent dans le jardin, mais plutôt pour enregistrer les changements qui surviennent dans le paysage au fil des jours et des saisons. (1) Comme le titre l’indique, l’œuvre porte sur le temps. Les images recueillies par la caméra de surveillance sont intégrées à une banque d’images, et par la suite projetées sur un écran suspendu au plafond dans le pavillon Gairloch Gardens des Oakville Galleries.

À Oakville, l’œuvre fut exposée à trois reprises : Earthly Delights: Deep Gardening (été 2001); la rétrospective consacrée à Rokeby (été-automne 2004); et Outlook Express(ed) (été 2007). Entre-temps, devenue nomade malgré sa création in situ, Machine for Taking Time fait partie de Time and Place, une exposition tenue à la galerie Pari Nadimi, qui représente l’artiste à Toronto. En 2006, c’est le Harbourfront Center, à Toronto, qui l’accueille dans Timeless – Time, Landscape and New Media. Dans le cas des deux dernières expositions mentionnées, il n’y avait pas de mise en abyme puisqu’il était impossible de faire le lien entre le jardin où les images avaient été enregistrées et l’endroit où elles étaient projetées. En effet, à Oakville, l’écran de projection se trouvait suspendu devant une fenêtre donnant sur le jardin.

À l’automne 2005, Jean Gagnon, alors directeur de la fondation Daniel Langlois, invite Rokeby à créer une version de Machine for Taking Time pour l’édifice Ex-Centris à Montréal. Intitulée Machine for Taking Time (Boul. Saint-Laurent), l’œuvre est présentée au public le 14 septembre 2007 et fait partie de l’exposition e-art; Nouvelles technologies et art contemporain : Dix ans d'action de la fondation Daniel Langlois (2). Acquise par la fondation Daniel Langlois, elle a été exposée à Ex-Centris jusqu’au 6 avril 2009.

Inspiré par la même idée de capter des images autant à différents moments de la journée que des saisons, Rokeby modifie toutefois le dispositif initial en utilisant deux caméras. L’une d’entre elles, placée sur la façade d’Ex-Centris, capte des images du boulevard Saint-Laurent et des édifices environnants. L’autre, installée à l’arrière de l’immeuble, saisit des images de la cour intérieure, des toits des bâtiments de la rue Clark ainsi que d’un petit parc pour enfants. Ce choix d’installer deux caméras découle de l’intérêt de l’artiste pour les points de vue des deux côtés, mais aussi parce qu’on lui avait expliqué que le boulevard Saint-Laurent divisait, à une certaine époque, le secteur francophone de Montréal du secteur anglophone. Il trouve alors intéressant d’exploiter cet aspect, bien qu’il ne le juge pas majeur. La captation, qui commence en mars 2006, dure un peu plus d’un an, ce qui a permis de recueillir des images des quatre saisons. Rokeby n’utilise pas le même type de caméra dans les deux versions de l’œuvre. En effet, à Oakville, l’artiste opte pour une caméra de surveillance standard, tandis que pour la version commandée par la fondation, il choisit des caméras IP (internet protocol), également appelées « caméras réseaux », qui lui permettent de regarder les images captées en direct, et de gérer les caméras depuis son atelier de Toronto à partir d’un navigateur Web. L’artiste a par la suite stocké dans deux bases de données différentes les images enregistrées par les deux caméras. L’œuvre, telle qu’on pouvait la voir dans le hall d’Ex-Centris, se manifeste sur deux écrans plasma suspendus devant les fenêtres qui donnent sur la cour intérieure de l’édifice.

Certaines questions se posent concernant l’avenir de cette œuvre. Est-il possible de replacer les caméras sur le toit afin de capter de nouvelles images ? Peut-on l’exposer uniquement à Ex-Centris ? Ou peut-elle, comme la première version, devenir nomade ? Autrement dit, peut-elle exister hors de son contexte initial ? Lorsque l’occasion se présentera, un nouveau dialogue sera entamé entre la fondation Daniel Langlois et David Rokeby.

Ariane Noël de Tilly © 2009 FDL

Cette collection documentaire a été constituée par Ludovic Carpentier avec l'aide de David Rokeby, Ariane Noël de Tilly (Universiteit van Amsterdam), Richard Gagnier (Musée des beaux-arts de Montréal), Julie Bourbonnais (Docam) et Jean-François Morasse (Ex-Centris).

(1) Machine for Taking Time n’est pas la première ni la seule œuvre de Rokeby qui fait usage de caméras de surveillance. En effet, dès le début des années 1980 l’artiste les a intégrées dans son travail et dans certains cas, il les a fabriquées lui-même. Dans ses œuvres comme Watch (1995), Watched and Measured (2000), Seen (2002) et Taken (2002), la caméra de surveillance se trouve au cœur du dispositif.

(2) Cette exposition fut organisée conjointement par la fondation Daniel Langlois et le Musée des beaux-arts de Montréal du 20 septembre au 9 décembre 2007 (commissaire : Jean Gagnon).