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Golan Levin

Dialtones (A Telesymphony)

Golan Levin, Dialtones (A Telesymphony), 2001 (video)
Golan Levin, Dialtones (A Telesymphony), 2001 (video)
Golan Levin, Dialtones (A Telesymphony), 2001 Golan Levin, Dialtones (A Telesymphony), 2001 Golan Levin, Dialtones (A Telesymphony), 2001
La fondation a subventionné en partie la réalisation de Dialtones (A Telesymphony), une performance musicale dont les sons sont générés uniquement par la sonnerie orchestrée des téléphones cellulaires des spectateurs. Avant la performance, les cellulaires sont programmés à des kiosques Web spéciaux où l'on enregistre les numéros de téléphone. On assigne ensuite un numéro de siège aux participants ainsi qu'une nouvelle tonalité de sonnerie aux cellulaires. Pendant le concert, des musiciens jouent avec les cellulaires en composant leurs numéros grâce à un logiciel visuel et musical conçu par l'artiste. La première de Dialtones (A Telesymphony) a eu lieu au Ars Electronica Festival (Linz, Autriche) en septembre 2001.

L'expérience télésymphonique
de Golan Levin

« Si l'on se figure le réseau mondial des communications comme un organisme unique et collectif, le but de Telesymphony est de transformer de façon inoubliable notre manière d'écouter et de comprendre le ramage de cet être multicellulaire et imposant. Pour y parvenir, Telesymphony a comme stratégie la réification musicale de cet organisme à l'omniprésence enveloppante et tentaculaire. En plaçant tous les participants au centre d'une importante quantité de haut-parleurs répartis en un lieu, Telesymphony rend viscéralement perceptible la nature éthérée de l'espace des cellulaires. En réplique au grand compositeur de musique électronique Iannis Xennakis - qui s'est déjà plaint que toute musique électronique se ressemblait parce qu'elle provenait inévitablement de la même paire de haut-parleurs - l'aspect radical du son ambiophonique de Telesymphony est à la fois unique d'un point de vue musical et phénoménologique.

Dans un environnement acoustique approprié, le déclenchement sporadique de la sonnerie des téléphones cellulaires peut évoquer le calme de la stridulation des criquets et des cigales, de la trille d'un oiseau, du coassement d'une grenouille. Par contraste, la sonnerie simultanée de centaines voire de milliers de cellulaires engendrerait une effervescence cacophonique inimaginable. Entre ces deux extrêmes s'ouvre un vaste terrain de possibilités musicales plus familières : des progressions diatoniques qui changent doucement, des mélodies qui s'unissent et se distribuent, des complexes sonores spatialisés qui prennent la forme de nuages vagabonds et des hyper-polyphonies pointillistes. Pendant sa durée projetée de trente minutes, Telesymphony explorera des séquences et des combinaisons de chacune de ces possibilités, soutenue du début à la fin par des thèmes harmoniques récurrents et des phrases mélodiques au lent développement. En fin de compte, la composition exacte de Telesymphony résultera de la performance orchestrée par le personnel du projet et par les interactions tactiles des participants au concert.

Dans Telesymphony, ce sont les téléphones, et non leurs propriétaires, qui communiquent entre eux. En suscitant une communication sans interlocuteur entre des technologies de communications, Telesymphony invite les participants à percevoir de l'ordre dans ce qui serait autrement un tapage public désordonné et à y reconnaître un chœur de sons sociaux organisés. Ainsi, à la surdétermination du monde du Travail s'oppose tout autant la détermination du Jeu, tandis que la sonnerie des téléphones mobiles - un son couramment associé aux affaires, aux interruptions inopportunes, aux technologies asservissantes - se transforme en une expression sonore voulue, d'une fantaisie surprenante et d'une beauté insolite. » (1)

Angela Plohman © 2001 FDL

(1) Cet extrait provient de la page 3 du projet proposé par l'artiste à la fondation Daniel Langlois, le 31 janvier 2001; avec la permission de l'auteur.