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Clarisse Bardiot

9 Evenings: Theatre and Engineering

Introduction

9 Evenings: Theatre and Engineering
L'interface de navigation de la publication web 9 Evenings: Theatre and Engineering

Les textes et les documents que vous allez consulter sont le fruit d’un travail de recherche sur les aspects technologiques de 9 Evenings: Theatre and Engineering, un festival qui a eu lieu en 1966 à New York et qui a réuni dix artistes et une trentaine d’ingénieurs issus de Bell Telephone Laboratories (Murray Hill, New Jersey, États-Unis).

Ce travail doit beaucoup à la collaboration des différents membres de la fondation Daniel Langlois. Je tiens tout particulièrement à remercier Ludovic Carpentier, qui a réalisé le graphisme et la mise en ligne des nombreux documents, ainsi qu’Éric Legendre et Vincent Bonin, archivistes, qui ont accompagné cette recherche. Je souhaite aussi remercier pour leur collaboration Jean Gagnon, Jacques Perron, Sylvie Lacerte, Chantale Lavoie, les traducteurs Pauline Côté, Cory McAdam et Don McGrath, Julie Martin, Lowell Cross, Robert Kieronski, Yvonne Rainer, Deborah Hay, Robert Whitman et Alexi Hervé :
http://www.fondation-langlois.org/f/9evenings/

Cette recherche est née et s’articule autour des diagrammes (1) publiés dans le programme de 9 Evenings. Sur la couverture, véritable palimpseste où tous les diagrammes sont superposés, un enchevêtrement de lignes laisse deviner un tissage de composants électroniques et d’indications scénographiques. Il est peu courant de présenter de tels documents dans un programme de théâtre. Réalisés de fin septembre à début octobre 1966 par Herb Schneider, ingénieur de Bell Labs, les diagrammes rendent visible la présence de la technologie dans les performances, sans qu’ils soient pour autant explicités (2). Ils sont avant tout affirmation visuelle du propos de ce festival, le symbole de la rencontre entre l’artiste et l’ingénieur.

L’analyse de ces diagrammes, confrontée à des documents visuels (notamment les captations tournées par Alfons Schilling (3)), à des témoignages et à des archives (4), permet de comprendre la conception qu’a chaque artiste de la technologie. Elle permet aussi de mettre en évidence comment la combinaison de mêmes éléments n’a pas imposé une esthétique identique pour toutes les performances. Enfin, elle permet de considérer 9 Evenings comme l’une des toutes premières expériences qui appliquent des principes informatiques (bien que les technologies utilisées soient analogiques) dans le contexte du spectacle vivant. Cette manifestation est le précurseur des « théâtres virtuels » d’aujourd’hui (5).

Trois axes, reliés par de multiples chemins, permettent de découvrir différents aspects de ces questions :

1) L’analyse des diagrammes de chaque performance, avec une mise en contexte historique et une présentation de l’œuvre (réalisée par Vincent Bonin et Éric Legendre). Les diagrammes sont présentés selon quatre modalités :

- « diagramme » : introduction générale;

- « architecture » : repérage des entrées, des sorties, de la boîte noire et répartition de ces éléments dans l’espace entre la régie et la scène. Le terme « boîte noire » est employé dans les champs de l’électronique et de l’informatique pour désigner un dispositif dont on connaît la réaction à un signal d’entrée, mais dont on ignore le fonctionnement interne. Autrement dit, il suffit de connaître les caractéristiques externes, c’est-à-dire les relations entre les entrées et les sorties;

- « composants » : composants principaux de chaque performance, qui renvoient à des fiches spécifiques sur les instruments;

- « fonctionnement » : systèmes de commande, parcours et transformation des différents signaux.

2) Des thèmes qui éclairent de manière transversale aux dix performances diverses facettes du couple « Theatre & Engineering » : la collaboration artiste-ingénieur, le TEEM, le détournement et l’adaptation des technologies, la téléprésence et le temps réel, la perception et le corps, les diagrammes, les images.

3) Des fiches détaillées sur certains composants technologiques utilisés dans 9 Evenings.

Dernier point qu’il est important pour moi de souligner : la publication sur le Web était l’occasion d’explorer une écriture spécifique pour ce support. Fragmentaire et discursive, ayant le désir de s’intégrer dans la structure de la base de données sur laquelle repose le site Internet de la fondation Daniel Langlois, cette écriture est une tentative d’articulation et de tissage de textes courts, de documents d’archives numérisés, d’images, dont de nombreuses captures d’écran issues des archives filmiques (autant d’arrêts sur images qui permettent de mieux percevoir certains détails), et d’animations interactives des diagrammes.

Clarisse Bardiot © 2006 FDL

(1) Diagrammes pour 9 Evenings: Theatre and Engineering / Herb J. Schneider, 1966, 10 feuillets: crayon sur papier; 41 X 28 cm). Collection Robert Rauschenberg. Gracieuseté de Robert Rauschenberg.

(2) En cela, les diagrammes sont caractéristiques de l’absence d’explication sur les procédés technologiques utilisés dans 9 Evenings. Cette absence est délibérée de la part de Bill Klüver, et a fait débat parmi les ingénieurs et les artistes. Voir : Lacerte, Sylvie. 9 Evenings and Experiments in Art and Technology: une lacune à combler dans les chroniques récentes de l'histoire de l'art, 2006 :

(3) [9 Evenings : Theatre and Engineering : captations filmiques / produites par Billy Klüver; opérateurs des caméras : Alfons Schilling et ingénieurs de Bell Telephone Laboratory], [filmées entre le 13 et le 23 octobre 1966], 24 bobines de film (ca 9 h): original, n & b, muet; 16 et 35 mm + négatifs. La fondation Daniel Langlois pour l'art, la science et la technologie, Fonds 9 Evenings: Theatre and Engineering. 9 EVE 00031590.

(4) Dans les fonds ci-dessus mentionnés, citons les documents suivants : Schneider, Herb, A glimpse or more at some technical aspects not seen by the third partner of Nine Evenings – the public; A view from central; Robinson, Robby, What Really Happened at the Armory. Experiments in Art and Technology. Records, 1966-1993, Research Library, The Getty Research Institute, Los Angeles, California (940003); Entretien avec Per Biorn / produit par la fondation Daniel Langlois pour l'art, la science et la technologie; interviewers : Vincent Bonin, Éric Legendre, Julie Martin, tourné le 25 août 2004, 4 vidéocassettes (3 h, 45 min) : copie-maîtresse, coul., son, Mini-DV. Entretien réalisé le 25 août 2004 à Berkeley Heights (N. J., États-Unis). VID 00031593 / M.

(5) Clarisse Bardiot, Les Théâtres virtuels, thèse de doctorat, Université Sorbonne-Nouvelle/CNRS, 2005.