Veuillez patienter pendant que nous traitons votre requête
Veuillez patienter...

John Cage

Variations VII (performance)

John Cage, Variations VII (video)
John Cage, Variations VII (video)
John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII
Performance (a) présentée dans le cadre de 9 Evenings: Theatre and Engineering, The 69th Regiment Armory, New York, N.Y., États-Unis, 15-16 octobre 1966.

Conception technologique : Cecil Coker

Interprètes :
David Tudor; David Behrman; Antony Gnasso; Lowell Cross; John Cage

Conception des éclairages : Jennifer Tipton, Beverly Emmons (assistante)

Dans Variations VII, John Cage emploie le principe de l’aléatoire pour sélectionner les matériaux composant sa performance, mais n’utilise aucune piste enregistrée. Il tente plutôt de rendre audibles, au même endroit, des sons émis simultanément depuis différents lieux. À cette fin, plusieurs médias de communication (radio, télévision) lui permettent d’amplifier des phénomènes déjà présents dans l’environnement de l’Armory. Cage capte également l’activité cérébrale de ses collaborateurs sur le plateau pour moduler l’amplitude d’ondes sinusoïdales. En évitant d’éliminer l’interférence entre les sons, il accorde une valeur semblable aux sources d’information filtrées pendant la performance. Au même titre que les composants technologiques, le compositeur et les autres interprètes participent à cette médiation plus qu’ils ne l’infléchissent (1).

Deux plateaux parallèles sont installés au centre de l’Armory. Ils supportent les composants technologiques, ainsi que plusieurs générateurs de sources sonores (b). Au pied de ces plateaux, 30 projecteurs lumineux placés devant 30 cellules photoélectriques remplissent la double fonction d’éclairer cette aire de jeu et de déclencher des sons (en fonction du passage des interprètes devant les cellules) (c), (d), (e). Les ombres générées par ces projecteurs sont projetées sur deux toiles (placées à droite de la régie) qui amplifient les gestes de Cage et de ses collaborateurs (f), (g), (h).

Les sculptures conçues par David Tudor pour sa performance Bandoneon! (a combine) servent ici d’éléments scénographiques (i). Les principaux matériaux sonores proviennent d’espaces hors des murs de l’Armory. Vingt transistors radio interceptent aléatoirement le contenu d’émissions et l’interférence entre les chaînes (j), (k), (l). De plus, grâce à dix lignes téléphoniques (m), Cage tente de capter l’environnement acoustique de divers lieux new-yorkais qu’il rediffuse tout au long de la performance. Parmi ces lieux, les documents consultés pour rédiger cette notice mentionnent le restaurant Luchow’s, la volière du Bronx Zoo, la centrale électrique Con Ed à la 14e Rue, la SPCA, la salle de presse du New York Times, le loft du chorégraphe Merce Cunningham (des mentions de certaines sources, telles que le Métro et les rues de New York apparaissent dans les notes de Cage, mais leur utilisation sur scène n’est pas confirmée). Lors d’une performance, l’un des ingénieurs raccroche les combinés des téléphones par inadvertance. Cage ne peut alors rétablir la communication, car suivant sa consigne, ses collaborateurs dans les lieux désignés ont également laissé les combinés ouverts (2). Parallèlement à ces sources externes, s’ajoutent deux compteurs Geiger dont la fonction initiale consiste à mesurer les variations de rayonnements ionisants, mais qui sont détournés ici pour émettre des signaux traduits en sons. Par ailleurs, six microphones de contact disposés sur tous les plans de travail amplifient des bruits générés par les interprètes lorsqu’ils manipulent une kyrielle d’objets mécaniques : broyeurs à jus, mélangeurs, etc. (n), (o), (p). Enfin, David Behrman porte des électrodes sur le front (q). Les données biologiques recueillies sont ensuite converties en ondes sinusoïdales dont l’amplitude varie corollairement. Les captations transitent par 17 sorties audio et sont diffusées grâce au système de 12 haut-parleurs de l’Armory. Comme toutes les sources sonores sont produites en direct, leur enchaînement ne suit pas d’ordre préétabli (excepté un bruit de sirène programmé pour marquer le début de chacune des performances) (3). Dans les enregistrements sonores des deux performances, la simultanéité de leur diffusion engendre souvent du bruit blanc. En revanche, les dix ondes sinusoïdales (émises par des oscilloscopes) semblent ressortir au premier plan (4).

Lors de la performance du 16 octobre, certains amis de Cage s’approchent des deux tables et encouragent le public à faire de même. Plusieurs dizaines de spectateurs se massent alors autour de l’aire où évoluent Cage et ses collaborateurs (r), (s), (t), (u), (v), (w), (x), (y), (z). La performance du 15 octobre dure approximativement 40 minutes. Celle du 16 octobre dure approximativement 85 minutes (5). Contrairement à la plupart des œuvres dans le cycle des Variations, Cage n’a pas publié de partition pour Variations VII. Par contre, la New York Public Library for the Performing Arts (New York, N.Y., États-Unis) conserve des notes (3 feuillets) rédigées rétrospectivement par le compositeur en 1972 (6).

[Sources documentaires...]

John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII 17 Transistor  [échantillon], ca 196?, Stamford, General Electric, 1 élément: métal, plastique, 21 X 31 X 12 John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII John Cage, Variations VII


Vincent Bonin © 2006 FDL

(1) Paragraphe rédigé d’après l’énoncé d’intention de John Cage dans le programme. Voir : 9 Evenings: Theatre and Engineering, sous la direction de Pontus Hultén et Frank Königsberg, [New York], Experiments in Art and Technology; The Foundation for Contemporary Performance Arts, [1966]. p.[2].

(2) Entretien entre John Cage et William Fetterman dans Fetterman, William, John Cage's theatre pieces : notations and performances, Amsterdam, Harwood Academic Publishers, 1996. p.137.

(3) Témoignage de Lowell Cross envoyé par courriel à Clarisse Bardiot, août 2005.

(4) Schilling enregistre plusieurs captations de la performance du 16 en plaçant un magnétophone sur le plateau de l’Armory, et l’autre au balcon. [Variations VII par John Cage : présentation du 16 octobre 1966] / [produite par Billy Klüver], [Enregistrée le 16 octobre, 1966], 1 bande sonore (85 min, 59 s): instantané, acoustique.

(5) Durées extrapolées à partir des captations de chacune des soirées (voir la liste de documents consultés).

(6) Cage, John, Variations VII: 7 Statements Re A Performance Six Years Before, New York, Henmar Press, 1972, [3] p. JPB 94-24, folder 295, 296. Astor-Lenox and Tilden Foundation. Music Division, New York Public Library of Performing Arts.