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Robert Rauschenberg

Open Score (historique)

Open Score réunit deux des préoccupations majeures de Robert Rauschenberg dans les années 1960 : la technologie et la performance. Ces préoccupations l'ont amené à collaborer pendant cette période avec les artistes (notamment ceux du Judson Dance Theater) et certains des ingénieurs présents dans 9 Evenings, faisant de Rauschenberg l'une des personnes clés de la manifestation. Comme suite au festival, Rauschenberg sera l'un des membres fondateurs de l'E.A.T (Experiments in Art and Technology). (1)

Intéressé par le son et le mouvement, ainsi que par l'interaction entre l'œuvre et le spectateur dès la fin des années 1950, Rauschenberg intègre des composants technologiques dans ses œuvres. Ainsi, Broadcast, une « combine painting » de 1959, contient trois radios dont le spectateur peut changer les chaînes à loisir. En 1960, il rencontre Billy Klüver, alors que tous deux participent à la création d'Hommage à New York de Tinguely. C'est le début d'une collaboration fructueuse, qui culmine avec Oracle (1962-1965). (2) Pour cette œuvre, Klüver s'entoure de deux autres ingénieurs que l'on retrouve dans 9 Evenings : Per Biorn et Harold Hodges.

Si l'on peut considérer que, de manière générale, la pratique artistique de Rauschenberg comporte une dimension performative (3), sa participation à des performances est un aspect important de son œuvre. L'une de ses premières expériences est Untitled Event de Cage en 1952 au Black Mountain College. Il suspend au-dessus des spectateurs des White Paintings sur lesquelles se projettent des ombres. Les écrans d'Open Score, sur lesquels sont diffusées les images noir et blanc d'une foule invisible à l’œil nu, grâce à un procédé de captation par infrarouge, rappellent ces toiles. Par ailleurs, dans les années 1950 et 1960, il réalise lumières, décors et costumes pour les chorégraphies de Merce Cunningham, dont la musique est souvent composée par John Cage et interprétée par David Tudor. Alex Hay est alors son assistant.

Rejoignant le Judson Dance Theater en 1963, Rauschenberg participe à diverses chorégraphies du collectif, comme éclairagiste et parfois comme danseur. De 1963 à 1967, il met en scène et interprète ses propres performances, dans lesquelles performeur et accessoires scéniques ont une importance égale. Souvent, le son des accessoires et des costumes est amplifié par des micros – comme dans Linoleum en avril 1966 – Billy Klüver supervisant généralement les aspects techniques. On retrouve ce traitement du son dans Open Score, où le son des balles contre les raquettes est amplifié. Par ailleurs, pour élaborer ses performances, Rauschenberg part généralement des caractéristiques du lieu de leur présentation. Au moment de 9 Evenings, les locaux de l'Armory ne servaient pas à des manifestations artistiques, mais à jouer au tennis. La destination usuelle du lieu est ainsi détournée dans Open Score.

Clarisse Bardiot © 2006 FDL

(1) Fondé en 1966 par Billy Klüver, Fred Waldhauer, Robert Rauschenberg et Robert Whitman, E.A.T. est un organisme à but non lucratif principalement actif dans les années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. Il a pour mandat de rapprocher les disciplines artistiques, le monde scientifique et l'industrie autour de projets mobilisant des intervenants de chacun des secteurs d'activités.

(2) Pour un récit détaillé de cette collaboration, voir : Kluver, Billy ; Martin, Julie, « Working With Rauschenberg » in Robert Rauschenberg: A Retrospective, New York, Guggenheim Museum Publications, 1998.

(3) « Rauschenberg’s art is performative ». Spector, Nancy, « Rauschenberg and Performance, 1963-67: A “Poetry of Infinite Possibilities”», ibid., p.228.