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Philip Beesley

(Toronto, Ontario, Canada)

Philip Beesley, Hylozoic Soil, 2007
Philip Beesley, Hylozoic Soil, 2007 Philip Beesley en collaboration avec Warren Seelig, Haystack Veil, 1997 Philip Beesley, Erratics Net, 1998
Après une formation en art acquise à l’Université Queen’s, Philip Beesley a effectué des études en architecture à l’Université de Toronto. C’est dans cette ville qu’il pratique aujourd’hui au sein de sa propre firme, responsable de la conception de plusieurs immeubles tant publics que résidentiels ainsi que de projets de design pour les arts de la scène et des expositions. Philip Beesley a obtenu de nombreux prix prestigieux pour son travail dans le domaine de l’architecture, tels que la Médaille en architecture du lieutenant-gouverneur de l’Ontario et le Prix de Rome en architecture, en 1995. Il est également professeur à l’école d’architecture de l’Université de Waterloo et codirecteur du Integrated Centre for Visualization, Design and Manufacturing (ICVDM), dans cette même institution.

Les recherches menées par Beesley au ICVDM concernent les textiles et treillis architecturaux, et visent plus particulièrement les structures à mailles interreliées, les matériaux légers et les systèmes de pliage et d’assemblage assurant la solidité de telles structures. Ses travaux s’inspirent du monde organique et des techniques traditionnelles de tissage. Ils sont toutefois conçus grâce à des outils de visualisation sophistiqués, des technologies numériques de conception graphique et des appareils permettant le prototypage rapide.

Beesley a réalisé plusieurs sculptures et installations issues de ses travaux dans le domaine des textiles architecturaux avec, le plus souvent, la collaboration de sculpteurs ou d’artisans. Ces œuvres se caractérisent par la création de grandes surfaces ajourées produites par la répétition d’éléments identiques entrelacés. La prolifération des mêmes motifs rappelle le processus de croissance dans le monde organique. Plusieurs de ces œuvres sont d’ailleurs en contact direct avec l’environnement naturel.

C’est notamment le cas de Haystack Veil (1997), composée de 30 000 brindilles déposées à intervalles réguliers selon un arrangement en treillis et recouvrant, comme un grand manteau, un terrain de mousse et de lichen situé dans le Maine, sur les bords de l’Atlantique. Ailleurs, dans Erratics Net (1998), Beesley a utilisé du fil de métal entrelacé pour former un immense filet sur une des côtes de la Nouvelle-Écosse, favorisant ainsi la croissance de la végétation locale.

De tels projets ne sont pas sans rappeler l’utilisation des géotextiles dans le secteur de la construction ou de l’horticulture. Toutefois, ils mettent résolument l’accent sur le rapport harmonieux entre la nature et la création humaine et misent fortement sur la réponse affective résultante chez l’individu qui en fait l’expérience. En jouant sur des analogies entre les tissus et les textiles architecturaux, entre la peau corporelle et les peaux synthétiques, ils explorent les frontières individuelles, tant psychologiques que physiques.

En 2001, Beesley organise la conférence On Growth and Form, the Engineering of Nature en collaboration avec Sarah Bonnemaison de l’Université de Dalhousie. Cette conférence réunissait de nombreux chercheurs et praticiens, liés aux domaines des textiles architecturaux et de la biologie et travaillant avec de nouvelles technologies. Elle avait pour objectif d’examiner les rapports complexes existant entre la nature et l’artifice créé par l’homme dans le monde contemporain. Une exposition présentée au Textile Museum of Canada à cette occasion montrait plusieurs travaux issus de cette problématique.

Hylozoic Soil (Terreau hylozoïque) (2007) a été exposé au Musée des beaux-arts de Montréal à l'automne 2007 dans le cadre de l'exposition e-art : Nouvelles technologies et art contemporain, dix ans d’action de la fondation Daniel Langlois.

Sylvie Parent © 2003 FDL