Veuillez patienter pendant que nous traitons votre requête
Veuillez patienter...

Frances Dyson, Et puis ce fut le présent

9 Evenings

John Cage, Variations VII, 1966 (video)
John Cage, Variations VII, 1966 (video)
John Cage à l’Armory

On a dit que dans Variations VII, John Cage avait abandonné toute forme de contrôle plus qu’il ne l’avait fait pour aucune autre composition.

Le 69th Regiment Armory sied parfaitement à Cage. Il produit une réverbération de six secondes qui confère à tout l’espace une atmosphère de cathédrale (attribut dont Tudor et Cage tirent parti en se servant du bâtiment lui-même comme d’un instrument.) De plus, le son s’y présente d’une manière qui dépasse de loin le cadre de la performance ou de la recherche esthétique. Pendant la performance de Cage, l’Armory devient un vaste réceptacle « pan-sonore » qui reçoit les sons provenant d’un peu partout pour ensuite les traiter. Billy Klüver déclare que Cage « voulait des sons provenant de partout dans la ville — et, si possible, du monde entier. Quinze lignes téléphoniques nous reliaient à des restaurants, une volière, un hôpital pour chiens, une rue, etc. Il a aussi utilisé des récepteurs radio couvrant toutes les longueurs d’onde. [Il] voulait également capter des sons dans l’espace sidéral [...] [et] il a suggéré de capter et d’amplifier la multitude de sons ambiants qu’on ne peut normalement entendre. » (1)

Le but premier de cette vaste collecte sonore n’est pas tellement de présenter les sons comme tels (en phase avec la conception du son mise de l’avant par Cage), mais de les utiliser comme éléments de départ pouvant être diffusés grâce à un système audio. Cage fait appel aux ondes hertziennes et aux lignes téléphoniques pour acheminer les sons dans le système et pour les transformer avant même leur arrivée à l’Armory. Une fois à l’intérieur, le système audio les traite, et à ce traitement s’ajoute la réverbération produite par le bâtiment lui-même. Il s’agit donc d’une superposition de traitements sonores, et ce qui reste du son « original » se perd dans ce mélange de systèmes électroniques.

Frances Dyson © 2006 FDL